Quelle protection auditive pour la tondeuse, la débroussailleuse et la tronçonneuse ?

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Points clés

Selon l’étude de la MSA Lorraine et de la Carsat Nord-Est (2025), une tronçonneuse thermique mesure environ 105 dB(A) et une débroussailleuse en coupe environ 94 dB(A). Pour la tondeuse, nous n’avons pas trouvé de niveau sourcé : lisez la valeur déclarée dans la notice de votre machine.

Pour un particulier, c’est une recommandation, pas une obligation. Le bruit se cumule sur la journée : plus la surface est grande et la séance longue, plus une protection se justifie. Pour un salarié, le Code du travail prévoit des protecteurs mis à disposition dès 80 dB(A).

Non, nous ne comptons pas sur un bouchon seul pour une tronçonneuse thermique. La solution courante est la double protection : bouchons sous un casque anti-bruit, souvent monté sur le casque forestier. Les WorkPRO ont un profil bas et se portent sous un casque anti-bruit.

Les coquilles tiennent chaud et peuvent gêner avec une visière ou des lunettes ; les bouchons sont plus discrets, à condition d’être bien posés. Pour les machines les plus bruyantes, on associe les deux.

Le Code du travail (R4431-1 et suivants) fixe trois valeurs : 80 dB(A), 85 dB(A) et 87 dB(A) (valeur limite, évaluée à l’oreille, sous le protecteur porté). La protection collective passe d’abord ; le protecteur individuel vient ensuite.

Tondre trois heures une grande pelouse, débroussailler un talus, passer le souffleur, puis sortir la tronçonneuse pour une taille : en espaces verts comme au jardin, ces machines ne se valent pas côté bruit. Cet article distingue ce qu’on peut chiffrer avec des sources (INRS, MSA) de ce qui dépend de votre machine, et explique quelle protection choisir pour chaque outil, dehors, l’été, avec un casque forestier ou des lunettes.

Il s’adresse aux paysagistes et aux agents d’espaces verts, pour qui le Code du travail s’applique, comme aux jardiniers amateurs, pour qui la protection reste une recommandation. Les niveaux de chaque outil de chantier et d’atelier sont rassemblés dans notre tableau des décibels des outils électroportatifs ; pour une vue d’ensemble des critères, voyez nos conseils sur les bouchons d’oreille pour le travail.

Quels niveaux sonores pour la tondeuse, la débroussailleuse et la tronçonneuse ?

Commençons par ce qui est mesuré. La MSA Lorraine, avec le centre de mesures de la Carsat Nord-Est, a comparé en septembre 2025 des tronçonneuses et des débroussailleuses thermiques et à batterie de sylviculture, avec le même opérateur. Les résultats, en dB(A) :

MachineNiveau (dB(A))Source
Tronçonneuse thermique (à vide et en charge)105MSA Lorraine / Carsat Nord-Est (2025)
Tronçonneuse à batterie (à vide et en charge)94MSA Lorraine / Carsat Nord-Est (2025)
Débroussailleuse thermique en coupe de tiges ligneuses94MSA Lorraine / Carsat Nord-Est (2025)
Débroussailleuse à batterie en coupe de tiges ligneuses94MSA Lorraine / Carsat Nord-Est (2025)
Broyeur de végétaux (élagage)95 à 110MSA, fiche « Exposition au bruit »

Deux enseignements de cette étude. D’abord, la tronçonneuse à batterie mesure environ 11 dB(A) de moins que la thermique, mais le gain est quasi nul pour la débroussailleuse en situation de coupe, car c’est le bruit de coupe qui domine, pas le moteur. Ensuite, la MSA relève que le niveau maximal se situe vers 500 Hz, un point à garder en tête pour choisir un protecteur. Pour le broyeur, la fiche MSA donne 95 à 110 dB(A).

Pour la tondeuse et le souffleur, la même fiche MSA les cite parmi les matériels exposant au bruit, sans donner de niveau, et nous n’avons pas trouvé de valeur fiable que nous puissions reprendre ici. Nous préférons ne pas inventer un chiffre. Le plus fiable est la valeur de pression acoustique au poste de conduite indiquée dans la notice : d’après la fiche INRS sur l’acquisition d’une machine, elle doit y figurer dès qu’elle dépasse 70 dB(A). Attention à ne pas confondre avec le niveau de puissance acoustique, qui sert à comparer des machines mais ne dit pas ce qui arrive à votre oreille.

Particulier ou professionnel : ce qui change

Dans une entreprise d’espaces verts, le salarié exposé relève du Code du travail (articles R4431-1 et suivants) : 80 dB(A) (valeur d’exposition inférieure : des protecteurs doivent être mis à disposition), 85 dB(A) (valeur d’exposition supérieure : le port est exigé, avec signalisation et programme de réduction du bruit) et 87 dB(A) (valeur limite, évaluée à l’oreille, en tenant compte du protecteur porté). L’employeur doit d’abord chercher à réduire le bruit à la source et à recourir aux protections collectives ; la protection individuelle vient ensuite. Le détail est dans nos articles sur la réglementation du bruit au travail.

Sur le critère d’exposition, la MSA donne un exemple parlant : un travailleur d’une entreprise paysagiste qui broie des branches tous les jours, à 95–110 dB(A), et qui est exposé plus de 600 heures par an sans protection individuelle ni collective, peut être considéré comme exposé au facteur de risque bruit. Le Code du travail ne s’applique pas à votre jardin, mais la physique est la même : la dose de bruit s’additionne, et l’INRS rappelle que le niveau baisse d’environ 6 dB à chaque doublement de la distance en plein air, ce qui n’aide guère quand la machine est tenue en main.

Pour un particulier, notre repère est simple : une protection auditive dès que la séance dure ou que l’outil est une débroussailleuse, un souffleur ou une tronçonneuse. Pour estimer l’atténuation à viser, voyez notre guide « de combien de protection auditive avez-vous besoin ».

Tondeuse et débroussailleuse : bouchons ou casque anti-bruit ?

Pour un bruit continu de ce niveau, les deux familles conviennent à condition d’être bien portées et portées en continu. Le choix se joue sur le confort : dehors, en été, les coquilles tiennent chaud, laissent la sueur s’accumuler sous le coussinet et peuvent gêner avec une visière, des lunettes ou une casquette. Le bouchon est plus discret, mais il doit être posé correctement et rester en place pendant tout le bruit.

La MSA rappelle aussi qu’un casque anti-bruit demande de l’entretien : coussinets et mousse à renouveler tous les 3 à 4 mois pour un usage régulier, cheveux dégagés, pression du coussinet réglée pour limiter les fuites. Un coussinet fatigué laisse passer le bruit. Notre comparatif des bouchons d’oreille ou casque anti-bruit au travail détaille les avantages de chaque solution.

Pour une journée entière dehors, notre article sur le fait de porter des bouchons d’oreille toute la journée au travail répond aux questions de confort et d’hygiène.

Tronçonneuse : une double protection, pas un bouchon seul

À 105 dB(A) pour une tronçonneuse thermique, et au-delà pour certains broyeurs, nous ne conseillons pas de compter sur un bouchon seul. La pratique courante en élagage et en sylviculture est un casque anti-bruit monté sur le casque forestier, avec sa visière, auquel on ajoute des bouchons : c’est la double protection auditive, bouchons et casque, qui fait l’objet d’un article dédié dans cette série.

Les WorkPRO ont un profil bas et se portent sous un casque anti-bruit. Ce n’est pas un moyen de « gérer » une tronçonneuse avec un bouchon seul : l’indice SNR d’un bouchon est établi pour un bruit continu, et la protection la plus fiable est celle qui est portée en permanence, sans ôter le casque pour discuter. Pour savoir si votre poste justifie une double protection, demandez conseil à votre préventeur ou à votre médecin du travail.

Agriculture : le tracteur et les engins

Les mêmes principes valent pour le tracteur, la tondeuse autoportée ou l’épareuse. Nous n’avons pas de niveau sourcé à vous donner pour ces engins : la cabine, l’état de la machine, les portes ouvertes ou fermées font varier le niveau à l’oreille. Pour un agriculteur ou un salarié agricole, la MSA propose des conseillers en prévention et des médecins du travail qui peuvent mesurer ou estimer l’exposition ; pour un chantier d’espaces verts, c’est le rôle du service de prévention de l’entreprise. Le niveau réel se mesure, il ne se devine pas.

Quels bouchons pour travailler dehors ?

Pour les outils continus sous le seuil de la double protection, un bouchon peut convenir. Les bouchons d’oreille WorkPRO (SNR 24 dB, 26,95 €) sont des bouchons réutilisables en silicone hypoallergénique, de couleur jaune haute visibilité, conformes à la norme EN 352-2, avec un SNR de 24 dB (H 24 / M 21 / L 19). Ce sont des bouchons passifs : tout le spectre est atténué, et plus encore les aigus. Un signal fort reste audible parce qu’il est fort, pas parce qu’un filtre le laisserait passer. Ils sont lavables et réutilisables. Leur profil bas permet de les porter sous un casque forestier ou des coquilles.

Pour un ajustement plus précis, la version WorkPRO avec mesure AR KI Tech (38,95 €) mesure votre conduit auditif à partir d’une photo prise avec votre smartphone. Il s’agit d’une mesure, pas d’un bouchon moulé, et la version existe en un seul modèle. La livraison est offerte dès 35 € d’achat : un seul WorkPRO à 26,95 € n’atteint pas ce seuil, le WorkPRO avec mesure AR KI Tech le dépasse. Vous avez 40 jours pour les essayer.

Visière, lunettes, casque forestier : que vérifier ?

  • La compatibilité. Les branches des lunettes et le serre-tête du casque peuvent créer des fuites avec des coquilles ; un bouchon à profil bas évite ce problème.
  • La pose. Un bouchon bien posé tient sans gêner ; vérifiez-le avant chaque séance.
  • Le port en continu. Retirer sa protection « juste une minute » pèse lourd dans la dose de la journée.
  • La poussière et la sueur. Lavez les bouchons réutilisables et nettoyez les coussinets ; changez-les s’ils sont abîmés.

Pour les outils d’atelier et le bricolage, voyez notre article sur la protection auditive pour le bricolage et la menuiserie. Si vous encadrez une équipe, notre page de commande pour équipes permet de passer commande pour plusieurs personnes.

Salariés et équipes : rappels utiles

Pour un salarié d’espaces verts, la protection auditive s’inscrit dans une démarche plus large : évaluation du bruit au poste, formation, suivi par la médecine du travail. Les risques de surdité professionnelle liés au bruit au travail sont documentés par l’INRS et l’Assurance maladie ; ils concernent des populations exposées sur de longues périodes. Le meilleur moment pour agir est donc avant que l’exposition ne s’accumule, pas après. Pour plus d’éléments, voyez la page « Exposition au risque » de l’INRS.

Conclusion

Retenez trois choses : les niveaux sourcés les plus élevés (tronçonneuse thermique, broyeur) appellent une double protection ; pour la tondeuse, la débroussailleuse et le souffleur, la valeur de la notice et la durée d’usage comptent davantage qu’un chiffre moyen ; et le meilleur protecteur est celui qu’on garde toute la séance.

Si vous avez un doute sur votre exposition au bruit ou sur votre audition, parlez-en à votre médecin du travail ou à votre médecin traitant. Cet article ne remplace pas leur avis.