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Sur cette page: Vue d'ensemble
Points clés
Le gel (souvent du silicone ou un gel de polyuréthane) offre un effet coussin dense et localisé, mais il est plus lourd et ne respire pas. La mousse est plus légère et plus souple. Tout dépend de la mousse : une mousse à mémoire de forme est très moelleuse, mais se tasse, une mousse EVA est légère, une mousse PU comme le PORON® amortit et garde sa forme.
Elles sont très agréables au premier pas : la mousse se ramollit à la chaleur du pied et en épouse la forme. En contrepartie, elle se tasse plus vite que d’autres mousses, revient lentement à sa forme et garde la chaleur. Elles conviennent bien à des journées calmes, moins à de longues heures debout ou à des pieds qui ont vite chaud.
PORON® est le nom d’une famille de mousses de polyuréthane à cellules ouvertes fabriquées par Rogers Corporation. Son intérêt dans une semelle : il amortit les chocs et résiste à l’écrasement, donc il garde son épaisseur au fil des pas. Dans les semelles BOLLSEN®, c’est la couche PORON® ShockPad, associée à de l’EVA, du SEBS et à un cambrion.
Les mousses de polyuréthane qui résistent à l’écrasement, comme le PORON®, gardent leur amorti le plus longtemps. La mémoire de forme et les mousses EVA bas de gamme se tassent plus vite. Le gel ne s’écrase guère, mais son enveloppe peut s’user. Les semelles BOLLSEN® sont prévues pour 800 à 1 200 km, soit environ 8 à 10 mois à 100 kg et 8 h par jour.
Pour de longues heures debout, cherchez un amorti qui ne s’affaisse pas en milieu de journée, un peu de maintien sous la voûte plantaire et une surface qui laisse respirer le pied. Une construction en couches (mousse légère, couche d’amorti en polyuréthane, cambrion) répond mieux à ces trois besoins qu’un seul matériau.
Semelle gel, mousse à mémoire de forme, EVA ou PORON® ? En bref : le gel donne un coussin dense, mais lourd, la mémoire de forme un moelleux immédiat qui se tasse, l’EVA de la légèreté, et le polyuréthane de type PORON® un amorti qui garde sa forme dans le temps. Pour une longue journée sur vos pieds, une combinaison de ces matériaux fait généralement mieux qu’un seul.
Au rayon des semelles intérieures, les emballages parlent tous d’amorti et de confort. Le matériau, lui, change vraiment la façon dont une semelle se comporte au bout de trois heures, de trois semaines ou de trois mois. Cet article compare les grandes familles de matériaux sur sept critères, puis vous donne un verdict par usage : travail debout, marche au quotidien, randonnée, sport, chaussures de ville.
Gel, silicone, mousse, EVA, PORON® : de quoi parle-t-on ?
Derrière le mot « semelle », on trouve en réalité quatre grandes familles de matériaux.
Le gel et le silicone. Ce sont des matières denses, souples et sans bulles d’air. Ce qu’on vend comme « semelle gel » est le plus souvent un gel de silicone ou de polyuréthane, parfois enfermé dans une enveloppe en plastique ou recouvert d’un tissu. Les semelles « silicone » appartiennent donc à la même famille.
La mousse à mémoire de forme. C’est une mousse de polyuréthane dite viscoélastique. Elle se ramollit à la chaleur du corps, épouse la forme de ce qui l’écrase et revient lentement à sa forme d’origine.
L’EVA. L’éthylène-acétate de vinyle est un copolymère que l’on transforme en mousse. Il est léger, souple et bon marché, ce qui en fait le matériau de base de très nombreuses semelles intérieures et semelles intermédiaires de baskets.
Le polyuréthane (PU) et le PORON®. Les mousses PU techniques sont plus denses que l’EVA. Le PORON® en est une famille bien connue : des mousses de polyuréthane à cellules ouvertes, conçues pour amortir sans s’écraser durablement.
Semelle gel, mousse, EVA ou PORON® : le comparatif en un tableau
Le tableau compare les quatre familles sur sept critères. Ce sont des tendances générales : à l’intérieur d’une même famille, la densité, l’épaisseur et la qualité de fabrication font varier le résultat.
| Critère | Gel / silicone | Mousse à mémoire de forme | Mousse EVA | PU / PORON® |
|---|---|---|---|---|
| Souplesse | Souple et dense, effet coussin | Très moelleuse, s’enfonce sous le pied | Souple et légère | Souple et ferme à la fois, répond au pas |
| Amortissement | Bon, surtout localisé (talon, avant-pied) | Agréable au premier pas, moins sur la durée | Correct, selon la densité | Bon et régulier au fil des pas |
| Tassement | S’écrase peu | Se tasse assez vite | Se tasse avec le temps, surtout les mousses bon marché | Résiste bien à l’écrasement |
| Poids | Le plus lourd | Moyen | Le plus léger | Moyen |
| Chaleur | Ne respire pas, peut tenir chaud | Garde la chaleur | Neutre | Cellules ouvertes, plus respirant |
| Durée de vie | Variable : le gel tient, l’enveloppe s’use | Plutôt courte | Moyenne | Longue |
| Pour qui | Besoin ponctuel d’amorti sous le talon ou l’avant-pied | Journées calmes, chaussures d’intérieur | Baskets, sport léger, budget serré | Longues heures debout, marche, usage intensif |
Aucun matériau ne gagne sur toute la ligne. C’est pour cette raison que beaucoup de semelles de confort associent plusieurs couches : une mousse légère pour la souplesse, une couche plus technique pour l’amorti, parfois une pièce rigide pour le maintien.
Semelles gel et silicone : un coussin dense, mais lourd
Le gel plaît parce qu’on sent tout de suite le coussin sous le pied. Sa densité répartit bien la pression à l’endroit où il est placé, ce qui explique pourquoi on le trouve souvent sous forme de pastille au talon ou sous l’avant-pied plutôt que sur toute la longueur.
Ses limites sont tout aussi nettes. Le gel est lourd : sur une semelle complète, la différence se sent dans une chaussure légère. Il ne laisse pas passer l’air, si bien que le pied peut chauffer dans une chaussure fermée. Enfin, une semelle gel pleine longueur est en général épaisse et glissante sur le dessus quand elle n’est pas recouverte de tissu.
Si vous hésitez entre une pastille de gel et une semelle entière, la question est surtout celle de la couverture : nous la traitons dans notre article talonnette gel ou semelle complète.
Semelle à mémoire de forme : un moelleux qui se paie
La mousse à mémoire de forme a une origine étonnante. Selon le rapport Spinoff 2005 de la NASA, elle a été mise au point en 1966 par l’ingénieur Charles Yost pour amortir les chocs dans des sièges d’avion de la NASA : une mousse polymère à cellules ouvertes, viscoélastique, qui reprend sa forme une fois la pression retirée.
Dans une chaussure, ce comportement donne une sensation très agréable au premier pas : la mousse se réchauffe, s’enfonce et prend l’empreinte du pied. Mais ce qui fait son charme fait aussi ses limites. Comme elle revient lentement à sa forme, elle a moins de répondant d’un pas à l’autre. Elle garde la chaleur. Et dans une semelle fine, soumise au poids du corps toute la journée, elle se tasse plus vite que d’autres mousses.
Les semelles à mémoire de forme sont donc un bon choix pour des journées tranquilles, des chaussures de ville peu sollicitées ou des chaussons. Pour huit heures debout, on cherchera plutôt un matériau qui garde son épaisseur.
EVA : la mousse légère que l’on trouve partout
L’EVA est le matériau le plus répandu dans les semelles intérieures et les semelles intermédiaires de baskets. L’introduction d’acétate de vinyle rend ce plastique moins cristallin, donc moins rigide et plus élastique que le polyéthylène. Transformé en mousse, il devient léger et souple, et il se découpe facilement.
Son point faible tient à sa structure : les mousses EVA les plus simples ont tendance à s’affaisser à force d’être comprimées, et l’amorti baisse avec le temps. La qualité varie beaucoup d’une mousse à l’autre. Une EVA dense et bien formée tient mieux qu’une plaque bon marché. L’EVA donne surtout ses meilleurs résultats en couche de base, associée à un matériau plus amortissant.
PU et PORON® : l’amorti qui garde sa forme
Le PORON® est une marque de mousses de polyuréthane fabriquées par l’Américain Rogers Corporation. Le fabricant met en avant deux propriétés sur sa page consacrée à l’amortissement : une très bonne résistance à la déformation rémanente (la mousse ne reste pas écrasée après avoir été comprimée) et une structure à cellules ouvertes, qui laisse circuler l’air. Il cite les semelles de chaussures parmi les usages de ces mousses.
Pour vous, cela se traduit simplement : une couche en PORON® amortit chaque pas et garde son épaisseur plus longtemps qu’une mousse ordinaire. L’amorti du soir ressemble davantage à celui du matin, et celui du sixième mois à celui de la première semaine.
Une précision utile : le PORON® est un matériau, pas une semelle. Sa place dans la semelle, son épaisseur et les couches qui l’entourent comptent autant que le nom. Méfiez-vous aussi des pourcentages d’absorption des chocs affichés ici ou là : ils dépendent de conditions de test qui ne sont presque jamais précisées.
Sorbothane, Ortholite : deux noms que vous croiserez
Sorbothane est le nom déposé d’un polymère viscoélastique que l’on trouve dans certaines semelles d’amorti.
Ortholite est le nom commercial d’une mousse à cellules ouvertes que l’on retrouve comme semelle de propreté d’origine dans de nombreuses chaussures.
Plus que du gel : PORON® ShockPad dans les semelles BOLLSEN®
Plutôt que de miser sur un seul matériau, nous avons construit nos semelles BOLLSEN® en couches, chacune avec un rôle précis :
- EVA pour la souplesse et la légèreté ;
- SEBS, un élastomère thermoplastique, pour le moelleux sous le pied ;
- PORON® ShockPad pour l’absorption des chocs ;
- un cambrion en Nylon Pebax pour le maintien sous la voûte plantaire ;
- une couche supérieure respirante qui gère l’humidité, complétée par des trous d’aération.
Un pont médio-pied dynamique s’adapte au pied à chaque pas. L’idée est de prendre à chaque matériau ce qu’il fait de mieux : la légèreté de l’EVA, le confort du SEBS, l’amorti durable du PORON®, la tenue du cambrion. Pour le détail de chaque épaisseur, lisez notre article sur les couches d’une semelle de confort.
Côté pratique, achetez votre pointure (du 36 au 47), puis découpez uniquement pour ajuster si besoin. Les semelles sont amovibles, lavables et passent d’une paire de chaussures à l’autre. Ce sont des semelles de confort, pas un dispositif médical. Et vous disposez de 40 jours pour les essayer, satisfait ou remboursé.
Quel matériau de semelle pour quel usage ?
Vous travaillez debout toute la journée. Vente, entrepôt, soins, cuisine : l’amorti doit tenir huit heures, pas seulement les dix premières minutes. Préférez une mousse qui résiste à l’écrasement (PU / PORON®), avec un peu de maintien et une surface respirante. En chaussures de sécurité, lisez aussi notre article sur les semelles pour chaussures de sécurité. Une bonne semelle ne remplace pas pour autant les pauses et l’aménagement du poste, que l’agence européenne EU-OSHA détaille dans sa synthèse sur la station debout statique prolongée.
Vous marchez beaucoup en ville. Baskets et chaussures de marche ont déjà une semelle intermédiaire en EVA. Une semelle intérieure à couches, fine et légère, ajoute de l’amorti sans alourdir la chaussure. Le gel pleine longueur est souvent trop lourd et trop chaud pour cet usage.
Vous randonnez. Sur plusieurs heures et avec un sac, l’amorti qui garde sa forme et le maintien comptent plus que le moelleux du premier pas. Évitez la mémoire de forme, qui garde la chaleur et se tasse sous la charge.
Vous faites du sport. Le poids et le répondant priment : l’EVA et les mousses PU sont plus adaptées que le gel. Pour la course à pied régulière, les semelles conçues pour le running restent une catégorie à part.
Vous portez des chaussures de ville ajustées. Il reste peu de place : une semelle fine compte plus que le matériau. Une pastille de gel ou une semelle mince en mousse peut suffire.
Vous avez vite chaud aux pieds. Évitez le gel et la mémoire de forme. Cherchez des mousses à cellules ouvertes, une surface respirante et des trous d’aération.
Le matériau n’est qu’un critère parmi d’autres : la forme, l’épaisseur et la pointure jouent aussi. Pour passer du matériau à l’achat, consultez notre guide d’achat des semelles amortissantes.
Quel matériau dure le plus longtemps ?
La durée de vie d’une semelle dépend surtout de sa capacité à ne pas rester écrasée. Une semelle tassée ressemble encore à une semelle, mais elle n’amortit plus grand-chose. Dans l’ordre, les mousses de polyuréthane résistantes à l’écrasement tiennent le mieux, l’EVA de qualité suit, et la mémoire de forme ferme la marche. Le gel est un cas à part : la matière tient, mais l’enveloppe ou le tissu de surface peuvent se fendre ou se décoller.
Votre poids, le nombre d’heures debout et le type de chaussure comptent autant que le matériau. Pour les semelles BOLLSEN®, nous indiquons une durée de vie de 800 à 1 200 km, soit environ 8 à 10 mois pour une personne de 100 kg qui les porte 8 heures par jour. Quelques signes indiquent qu’il est temps de changer : une zone visiblement aplatie sous le talon ou l’avant-pied, une surface usée jusqu’à la mousse, ou un amorti que vous ne sentez plus en fin de journée.
Pour aller plus loin sur les types, les usages et l’entretien, notre guide des semelles intérieures rassemble l’essentiel.