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Points clés
Un enfant qui se plaint de l’oreille, ou un bébé qui pleure en se frottant la tête, c’est une scène que presque tous les parents connaissent. L’inquiétude vient vite, et la question aussi : mal aux oreilles chez l’enfant, que faire ? Cet article n’est pas un guide de soins. Il explique les causes les plus courantes, aide à repérer les signes qui doivent faire consulter, rappelle les bons réflexes (et ceux à éviter) et fait le point sur ce que la protection auditive peut, et ne peut pas, apporter au quotidien. Pour toute douleur, c’est le médecin, le pédiatre ou l’ORL qui pose le diagnostic.
Quelles sont les causes d’un mal d’oreille chez l’enfant ?
Une douleur à l’oreille n’a pas toujours son origine dans l’oreille. Voici les situations les plus fréquentes, sans ordre de gravité et sans prétendre les distinguer à la place d’un médecin.
- L’otite moyenne aiguë : une inflammation de l’oreille moyenne, derrière le tympan, qui survient souvent après un rhume ou une rhinopharyngite chez le jeune enfant. L’Assurance maladie la décrit sur sa page otite moyenne aiguë.
- L’otite externe (« otite du baigneur ») : une inflammation du conduit auditif, souvent liée à l’humidité qui y reste après la baignade. Voir la page otite externe d’ameli.
- Un bouchon de cérumen : il donne plutôt une sensation d’oreille bouchée, parfois une gêne, qu’une vraie douleur.
- Un changement de pression : rhume, avion, montagne. Nous y consacrons un article, oreilles bouchées en avion chez l’enfant.
- Une douleur « projetée » : une poussée dentaire, une carie, une angine ou une tension de la mâchoire peuvent se faire sentir dans l’oreille.
- Un corps étranger glissé dans le conduit, fréquent chez les tout-petits.
- Le bruit : une exposition à un son très fort (feux d’artifice, concert) peut provoquer une douleur, des sifflements ou une sensation d’oreille bouchée, et justifie d’éloigner l’enfant du bruit et, si cela persiste, de consulter.
Comment reconnaître un mal d’oreille chez un enfant qui ne sait pas le dire ?
Avant l’âge de la parole, l’enfant exprime sa gêne autrement. Les signes qui reviennent le plus : il se touche ou se tire l’oreille, pleure davantage, dort mal, surtout allongé, refuse le biberon ou la tétine parce que téter modifie la pression dans l’oreille, ou paraît irritable sans raison. Ces signes sont peu spécifiques : un enfant qui a de la fièvre ou un rhume peut très bien les présenter sans problème d’oreille.
Chez l’enfant plus grand, la douleur est décrite plus clairement. Surveillez aussi une baisse de l’écoute (le volume de la télévision qu’il faut monter, des « quoi ? » à répétition), une perte d’équilibre ou un écoulement de l’oreille. Pour les signes d’une gêne auditive durable, notre article signes de perte auditive chez l’enfant détaille ce qu’il faut repérer.
Quand consulter pour un mal d’oreille chez l’enfant ?
Cette partie compte plus que toutes les autres. Le bon réflexe est de demander un avis médical plutôt que d’attendre en espérant que cela passe, surtout chez le plus jeune.
- Consultez dans la journée si l’enfant a de la fièvre, si l’oreille coule, si la peau est rouge ou gonflée derrière l’oreille, s’il vomit, s’il est très abattu ou s’il a un vertige ou un déséquilibre.
- Ne tardez pas avec un nourrisson : un bébé qui a de la fièvre ou qui semble souffrir de l’oreille doit être vu rapidement par un médecin.
- Consultez aussi si la douleur dure ou revient, si l’enfant entend moins bien, ou s’il a déjà eu plusieurs otites : c’est le médecin qui décide, le cas échéant, d’un avis ORL.
- En cas d’urgence ou de doute sur la gravité, appelez le 15.
Chez un enfant porteur d’aérateurs transtympaniques (« yoyos »), toute oreille qui coule justifie d’appeler l’ORL. Nous avons consacré deux articles à ce sujet : eau dans l’oreille avec des aérateurs et nager avec des aérateurs transtympaniques.
Que faire, et surtout que ne pas faire, en attendant le rendez-vous ?
Il n’y a pas de geste « maison » à recommander à la place d’une consultation. Quelques précautions de bon sens, en revanche, évitent d’aggraver la situation.
- Ne rien introduire dans l’oreille : ni coton-tige, ni objet, ni bouchon d’oreille.
- Ne pas verser de gouttes ou de produit dans le conduit sans l’avis d’un médecin : si le tympan est abîmé, certains produits ne doivent pas y entrer.
- Ne pas donner de médicament de sa propre initiative : la décision, le choix du produit et la quantité reviennent au médecin, au pharmacien ou au pédiatre.
- Garder l’enfant au calme, éloigné des bruits forts, et noter ce que vous observez (depuis quand, fièvre, écoulement), ce qui aidera le médecin.
- Éviter la baignade et les bruits forts tant que le médecin n’a pas donné son avis.
Les bouchons ou un casque peuvent-ils aider à protéger les oreilles de l’enfant ?
Une protection auditive ne soigne pas un mal d’oreille et ne remplace jamais un avis médical. Elle répond à deux situations bien précises, en dehors de toute douleur : le bruit fort et l’eau qui entre dans le conduit auditif.
Contre le bruit, le casque anti-bruit est le choix le plus simple pour un enfant : il se pose sans rien introduire dans l’oreille. Le casque anti-bruit Rooth pour enfant (26 dB, à partir de 5 ans) convient aux feux d’artifice, aux concerts ou aux événements sportifs, et le modèle Rooth pour bébé (28 dB) aux plus petits. Il se porte éveillé et jamais pour dormir. Pour comparer les options, voyez casque anti-bruit ou bouchons d’oreilles pour enfant. Notre article sur le niveau sonore dangereux pour un enfant rappelle à partir de quand le bruit devient un risque, et nous reviendrons sur le bruit de la classe et l’attention dans notre article sur le bruit en classe, la concentration et le TDAH de l’enfant.
À la baignade, certains parents choisissent de limiter l’eau qui entre dans le conduit. Les bouchons Kidz+ (24 dB, pour les enfants de 3 à 12 ans) sont en silicone déperlant et aident à garder l’eau hors du conduit auditif à la nage en surface. Ils ne sont pas conçus pour les moins de 3 ans, ni pour la plongée ou le plongeon en profondeur, et aucun bouchon ne garantit des oreilles sèches. Pour l’âge, la taille et la pose, lisez bouchons d’oreilles piscine enfant : quand, à quel âge, lesquels ?. Pour comprendre l’otite du baigneur chez l’enfant, un autre article de la série lui est consacré. Et si votre enfant a des aérateurs ou des otites à répétition, c’est l’ORL qui décide de tout port de bouchons.
Faut-il craindre des acouphènes ou une perte d’audition ?
Un mal d’oreille isolé ne signifie pas une atteinte durable de l’audition, mais certains signes doivent être pris au sérieux : un enfant qui entend moins bien après plusieurs épisodes, qui parle plus fort, ou qui se plaint de sifflements ou de bourdonnements. Dans ce cas, la démarche est la même : un bilan auprès du médecin ou de l’ORL. Nous traitons les sifflements dans notre article consacré aux acouphènes chez l’enfant. Pour la prévention du bruit au quotidien, voyez aussi perte auditive due au bruit chez l’enfant.
Ce qu’il faut retenir
Un mal d’oreille chez l’enfant a des causes variées, la plupart courantes, mais seul un médecin peut dire laquelle est en cause. Consultez sans attendre en cas de fièvre, d’écoulement, de gonflement derrière l’oreille, de vomissements ou chez un nourrisson, et n’introduisez rien dans l’oreille. La protection auditive reste un complément : un casque anti-bruit pour le bruit fort, des bouchons adaptés dès 3 ans pour limiter l’eau à la baignade, jamais sur une oreille douloureuse. Pour des informations générales, vous pouvez consulter l’Organisation mondiale de la Santé et Santé publique France.
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