Bruit en avion : combien de décibels en cabine, et comment protéger son audition ?

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Réponse courteEn croisière, une cabine d’avion mesure environ 70 à 84 dB(A) selon l’appareil et la place, avec des pics de 85 à 87 dB(A) au décollage. Un long-courrier à 85 dB(A) pendant 8 heures fait une dose quotidienne complète ; la plupart des vols en représentent une part. Des bouchons passifs abaissent le niveau sonore, pas la pression.
Voyageur adulte lisant côté couloir dans une cabine d’avion tamisée lors d’un vol de nuit
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    Points clés

    Les mesures publiées vont d’environ 70 à 84 dB(A) en croisière selon l’appareil et la place, de 69,5 dB(A) sur un A380 (Lee et al., 2022) à une médiane de 83,5 dB(A) sur 200 vols (Zevitas et al., 2018). Les pics de décollage et de montée atteignent 85 à 87 dB(A).

    Le décollage et la montée, suivis de l’approche et de l’atterrissage, puis de la croisière et du roulage. Mais sur un long-courrier, la croisière dure tant d’heures qu’elle fournit l’essentiel de la dose totale.

    Seulement si la cabine tourne en moyenne à 85 dB(A), le niveau auquel 8 heures correspondent à 100 % d’une dose journalière. La plupart des niveaux mesurés restent en dessous : un long vol est donc le plus souvent une dose partielle, à laquelle s’ajoute le volume du casque.

    Dans une étude sur A321, l’arrière mesurait 78,5 dB(A) contre 75 à 76 dB(A) à l’avant et au milieu, et la place côté hublot dépassait d’environ 4 dB(A) la place côté couloir. Une place côté couloir, vers l’avant, est en général la plus calme.

    Ils n’ont pas le même rôle. Un casque à réduction de bruit active vise surtout le grondement grave et régulier, et il lui faut une batterie. Un bouchon passif abaisse l’ensemble du niveau sonore, sans pile. Ni l’un ni l’autre ne régule la pression de la cabine.

    Une oreille bouchée à la montée ou à la descente relève surtout de la pression, pas du bruit. Un sifflement qui persiste après le vol mérite l’avis d’un médecin ou d’un ORL. Les bouchons Life+ ne compensent pas la pression : ils ne servent qu’à abaisser le niveau sonore.

    Combien de décibels fait une cabine d’avion ? Moins que ce que racontent beaucoup de sites de voyage, mais plus qu’on ne le ressent après la première heure. Les études de mesure situent la croisière entre 70 et 84 dB(A) environ, avec des pics autour de 87 dB(A) au décollage, et sur un vol de 10 heures ce grondement continu finit par compter.

    Ce guide s’adresse à toute personne qui veut protéger son audition en vol. Le bruit de cabine n’est qu’une part de l’exposition sonore du quotidien ; notre guide sur les bouchons d’oreille et acouphènes explique ce que fait un bouchon passif (il abaisse le niveau sonore qui atteint l’oreille) et où s’arrêtent ses limites.

    Combien de décibels fait une cabine d’avion ?

    En croisière, la cabine d’un avion de ligne mesure en général entre 70 et 84 dB(A), et les moments les plus bruyants du décollage et de la montée culminent autour de 85 à 87 dB(A). Le chiffre exact dépend de l’appareil, de la place et de la phase du vol.

    Lee et ses collègues (Applied Acoustics, 2022) ont mesuré 16 vols sur six modèles gros-porteurs. Les moyennes de croisière vont de 69,5 dB(A) sur A380 à 74,9 dB(A) sur A350-900. Les modèles se tiennent à environ 3 dB les uns des autres : le type d’avion compte donc moins qu’on ne le croit.

    Les moyen-courriers sont plus bruyants. Ozcan et Nemlioglu (Canadian Acoustics, 2006) ont relevé 103 mesures sur deux vols en A321 et trouvé des moyennes de croisière de 78,1 à 79,4 dB(A). Le plus gros échantillon est celui de Zevitas et ses collègues (Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, 2018) : sur 200 vols, la médiane est de 83,5 dB(A), et 9 vols (4,5 %) dépassent une moyenne de 85 dB(A) sur 8 heures.

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    Quelle phase du vol est la plus bruyante, et quelle dose cela représente-t-il ?

    Le décollage et la montée forment la phase la plus bruyante : moyennes de 77,4 à 79,4 dB(A) sur A321, avec un maximum de 85,5 dB(A). Lee et ses collègues ont enregistré un pic de 86,8 dB(A) au décollage d’un 777-300ER. À l’approche et à l’atterrissage, la moyenne tombe à environ 76 dB(A), avec des pics de 85 dB(A), et le roulage se situe vers 62 à 65 dB(A).

    Le décollage et la montée ne durent que 5 à 8 minutes. La croisière d’un long-courrier peut durer 10 heures ou plus : c’est donc la phase la moins forte qui cumule l’essentiel de la dose. Une bonne partie de ce grondement vient de l’air qui frotte le fuselage, en plus des moteurs.

    Ce tableau met chaque phase en regard de la dose quotidienne. Ce sont nos calculs d’exemple à partir de la règle des 85 dB(A) sur 8 heures et de l’échange de 3 dB (chaque hausse de 3 dB divise par deux la durée admissible), pas des résultats d’étude ; les durées sont indicatives.

    Phase du volNiveau en cabineDurée (exemple)Part de la dose quotidienne
    Roulage62 à 65 dB(A)20 minutesmoins de 1 %
    Décollage et montée (pics)environ 86 dB(A)8 minutesenviron 2 %
    Approche et atterrissageenviron 76 dB(A)30 minutesmoins de 1 %
    Croisière, A321 (moyenne)78,7 dB(A)10 heuresenviron 29 %
    Croisière, place côté hublot82 dB(A)10 heuresenviron 63 %
    Croisière, médiane de 200 vols83,5 dB(A)10 heuresenviron 88 %
    Croisière à la limite des 85 dB(A)85 dB(A)8 heures100 % (une dose complète)
    Croisière à la limite des 85 dB(A)85 dB(A)12 heures150 %

    Où la cabine est-elle la plus bruyante ?

    Sur l’A321 mesuré par Ozcan et Nemlioglu, l’arrière de la cabine est la zone la plus bruyante, à 78,5 dB(A), contre 76 dB(A) à l’avant et 75 dB(A) au milieu, relevés dans la même minute de croisière. L’écart est de 2,5 à 3,5 dB.

    La position dans la rangée compte autant. Une place côté hublot a mesuré 82 dB(A), contre 78 dB(A) pour le milieu et le couloir. Tous les 3 dB, l’énergie sonore double : la place côté hublot reçoit plus de deux fois le bruit de la place côté couloir voisine.

    Les forums de voyageurs disent que les premiers rangs, les plus éloignés des moteurs, sont les plus calmes, et les données vont globalement dans ce sens : Zevitas et ses collègues observent que les niveaux varient avec la distance aux moteurs et selon qu’ils sont sous les ailes ou à l’arrière du fuselage. Une place côté couloir vers l’avant est en général la plus tranquille.

    Un long-courrier représente-t-il une dose de bruit quotidienne complète ?

    Un vol ne devient une dose quotidienne complète que si la cabine tourne en moyenne à 85 dB(A) pendant 8 heures, la valeur d’exposition supérieure déclenchant l’action en milieu de travail en France (INRS), qui rejoint la limite recommandée par le NIOSH américain. Plus 3 dB, c’est deux fois moins de temps : 88 dB(A) n’en laissent que 4, 91 dB(A) que 2. Notre guide à partir de combien de décibels le bruit est dangereux détaille toute l’échelle du quotidien.

    L’Organisation mondiale de la santé raisonne plutôt à la semaine : un adulte peut écouter à 80 dB jusqu’à 40 heures par semaine, et un vol de 10 heures à 80 dB en consomme déjà le quart d’un coup. Un long vol est donc une vraie dose, mais le plus souvent partielle.

    Ce qui fait basculer le total est souvent le volume du casque. On monte le son du film pour couvrir les moteurs, et plusieurs heures d’audio fort par-dessus une cabine à 75 à 80 dB(A) peuvent dépasser 100 %. Les bouchons ne sont pas la réponse à cela : baisser le volume l’est. Notre guide sur le volume du casque sans danger donne les repères pour les écouteurs et les casques.

    Pourquoi certains sites parlent-ils de 100 dB en avion ?

    Certains sites avancent 100 dB ou plus au décollage, mais les études de mesure ci-dessus ne confirment pas ce niveau comme typique en cabine. Une partie de la confusion vient de la différence entre dB(A) et dB(C) : la pondération A suit la façon dont l’oreille entend, la pondération C compte presque en entier les sons graves.

    Or le bruit de cabine est riche en graves : Lee et ses collègues mesurent la croisière à 83,7 à 87,9 dB(C), soit 13 à 14 dB de plus que les mêmes vols en dB(A). Zevitas et ses collègues ont bien relevé des valeurs supérieures à 110 dB(A) pour certaines combinaisons de phase et d’appareil, mais ce sont les cas extrêmes de 200 vols. Cette part de graves explique aussi le comportement de la protection : un bouchon passif atténue le moins les graves profonds, alors qu’un système électronique de réduction de bruit y est le plus efficace.

    Bouchons passifs ou réduction de bruit active : quel rôle pour chacun ?

    Passif : un bouchon bouche le conduit et abaisse tout le niveau de la cabine, de bout en bout, éveillé ou endormi, sans batterie, mais il atténue moins les graves que les aigus. Actif : un casque à réduction de bruit annule électroniquement le grondement grave et régulier, ce qui permet de baisser le volume du film, mais il ne fait rien si le volume remonte et il s’arrête avec la batterie.

    Avec un bon ajustement, une croisière à 79 dB(A) moins la valeur moyenne de Life+ (21 dB) donne un ordre de grandeur d’environ 58 dB(A) à l’oreille. L’atténuation réelle est en général inférieure à celle du laboratoire, d’où l’importance de l’ajustement. Pour savoir quelle protection convient à chaque situation, voir de combien de protection auditive avez-vous besoin. Voyager en famille est une autre question, traitée dans notre guide sur les oreilles bouchées en avion chez l’enfant.

    Limiter l’exposition au bruit en vol, y compris la nuit

    Sur un vol de nuit, c’est la façon la plus simple de réduire la dose de croisière, car le bouchon continue d’agir pendant que vous dormez. Un bouchon discret qui se loge dans le conduit permet de s’appuyer contre un appui-tête ou un hublot sans qu’il ressorte. Pour le confort de voyage, voir aussi notre article sur voyager avec des bouchons d’oreille.

    Nos bouchons Life+ réutilisables (SNR 24 dB, 29,95 €) sont des bouchons passifs en silicone hypoallergénique à deux lamelles, testés en Allemagne, utilisables jusqu’à 100 fois (soit environ 0,30 € par utilisation) et livrés avec un étui en aluminium porte-clés. Leur atténuation augmente avec la fréquence, les aigus étant les plus réduits (H 24 / M 21 / L 19). Vous entendez encore les annonces du personnel de bord, parce qu’elles sont fortes, simplement plus bas. Garantie satisfait ou remboursé de 40 jours.

    Important : ces bouchons ne compensent pas la pression de la cabine. Ils n’ont pas été conçus pour cela et ne remplacent aucun geste à la montée ou à la descente. Ils ne servent qu’à abaisser le niveau sonore qui atteint l’oreille. Ce ne sont pas un soin et ils ne sont pas destinés à traiter ou à diagnostiquer un trouble de l’audition.

    Oreille bouchée ou sifflement après un vol : pression ou bruit ?

    Les deux sensations n’ont pas la même origine. L’oreille bouchée à la montée ou à la descente vient d’abord de la variation de pression entre la cabine et l’oreille moyenne, pas du bruit ; déglutir, bâiller ou faire une manœuvre de Valsalva douce aide à l’équilibrer, et si cela ne passe pas, demandez conseil à un médecin. Le bruit de cabine, lui, agit sur la dose sonore reçue.

    Des sifflements ou une audition étouffée encore présents 48 à 72 heures après un vol, ou qui reviennent, justifient une consultation chez votre médecin traitant ou un ORL. En cas de baisse brutale de l’audition, de vertiges ou de douleur vive, consultez sans attendre ; en urgence, appelez le 15. L’Assurance Maladie détaille les signes d’alerte et le parcours de soins. Notre repère sur quand consulter pour une oreille qui siffle complète cette page.

    En résumé : une cabine d’avion tourne à 70 à 84 dB(A) environ en croisière, avec des pics proches de 87 dB(A) au décollage, et elle est de quelques décibels plus bruyante à l’arrière et côté hublot. Dix heures de ce bruit font une vraie part de la dose quotidienne, que le volume du casque peut porter au-delà de la limite. Choisissez si possible une place côté couloir vers l’avant et gardez le volume du film modéré.