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À retenir
Presque tout le monde a déjà été réveillé par un ronflement, ou en a été l’auteur sans le savoir. Derrière ce bruit familier se cache une mécanique assez simple, mais dont les causes varient d’une personne à l’autre. Cet article fait le tour de la question : ce qui se passe dans la gorge, pourquoi certaines personnes ronflent plus que d’autres, quels facteurs interviennent, et à quel moment le ronflement mérite qu’on en parle à un médecin.
Il décrit des mécanismes, pas des solutions médicales : seul un professionnel de santé peut dire pourquoi une personne en particulier ronfle. Nous évoquons aussi, à la fin, la situation de celui ou celle qui dort à côté.
Que se passe-t-il dans la gorge quand on ronfle ?
Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), le ronflement survient lorsque les muscles de l’arrière-gorge, du voile du palais, de la luette et de la langue se relâchent pendant le sommeil profond. Ces structures prennent alors davantage de place et rétrécissent les voies respiratoires. À l’inspiration, l’air passe plus difficilement et fait vibrer le pharynx : c’est cette vibration qui produit le bruit.
Autrement dit, ronfler n’est pas un « défaut » du sommeil en soi, mais la conséquence d’un passage de l’air devenu plus étroit. Plus il est étroit, plus la vibration peut être forte et irrégulière.
Quels facteurs favorisent le ronflement ?
L’âge, le sexe et la ménopause
Le ronflement est très fréquent : l’Assurance Maladie indique qu’il touche régulièrement plus de 40 % des adultes de plus de 50 ans. Les hommes ronflent plus que les femmes, le ronflement augmente avec les années, et il devient plus fréquent après la ménopause. Il peut aussi concerner les enfants.
Le nez bouché ou une particularité anatomique
Une obstruction du nez ou du rhinopharynx est une cause connue de ronflement. Elle peut tenir à un épisode passager (rhume, rhinopharyngite, allergie, angine avec amygdales volumineuses) ou à une particularité anatomique : déviation de la cloison nasale, polypes, mâchoire inférieure petite ou en retrait, langue volumineuse, voile du palais plus épais. Quand le nez ne laisse plus passer l’air correctement, on respire davantage par la bouche et les tissus de la gorge vibrent plus facilement.
Le poids
Le surpoids et l’obésité favorisent les ronflements quotidiens, qui peuvent s’accompagner d’apnées du sommeil, indique l’Assurance Maladie. Les tissus qui entourent les voies aériennes supérieures laissent alors moins de place à l’air.
L’alcool, le tabac et certains médicaments
L’alcool et le tabac entretiennent une inflammation des voies aériennes supérieures qui gêne le passage de l’air, et figurent parmi les facteurs d’aggravation cités par l’Assurance Maladie. Certains médicaments pris au coucher (somnifères, tranquillisants, antihistaminiques) diminuent le tonus des muscles du pharynx et du larynx pendant la nuit et peuvent favoriser le ronflement. Si vous prenez un traitement de ce type, c’est à votre médecin ou à votre pharmacien d’en parler avec vous : n’arrêtez rien de votre propre initiative.
La position de sommeil
Allongé sur le dos, on ronfle plus facilement : la gravité rapproche la langue et le voile du palais du fond de la gorge. Le ronflement est d’ailleurs souvent plus marqué pendant le sommeil profond, quand les muscles sont le plus relâchés.
| Facteur | Comment il intervient | Modifiable ? |
|---|---|---|
| Âge, sexe, ménopause | Les tissus de la gorge se relâchent plus facilement, surtout avec les années | Non |
| Nez bouché ou anatomie | Le passage de l’air se rétrécit, on respire par la bouche | Selon la cause (avis médical) |
| Surpoids | Les tissus autour des voies aériennes prennent plus de place | En partie |
| Alcool et tabac | Inflammation et relâchement des tissus de la gorge | Oui |
| Médicaments du coucher | Baisse du tonus des muscles du pharynx et du larynx | Avis du médecin ou du pharmacien |
| Position sur le dos | La langue et le voile du palais reculent vers le fond de la gorge | Oui |
Ronflement simple ou apnée du sommeil ?
Le ronflement peut être isolé, ce que les médecins appellent une ronchopathie, ou associé à d’autres troubles respiratoires du sommeil, notamment le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS). L’Assurance Maladie décrit l’apnée du sommeil comme des pauses respiratoires anormalement fréquentes pendant la nuit, dues à des obstructions répétées de l’arrière-gorge.
Un ronflement irrégulier, entrecoupé de silences puis de reprises bruyantes, des réveils avec sensation d’étouffement, un sommeil agité, une fatigue qui s’installe ou des endormissements en journée sont des signes qui doivent conduire à consulter. Ni vous, ni votre partenaire, ni un bouchon d’oreille ne peut poser ce diagnostic : seul un médecin peut le faire, après examen et, si besoin, un enregistrement du sommeil.
Quand en parler à un médecin ?
La page de l’Assurance Maladie sur la conduite à tenir face aux ronflements recommande une consultation notamment lorsque le ronflement persiste, lorsqu’il s’accompagne de pauses ou d’une respiration haletante, lorsque le sommeil est agité, lorsque la fatigue ou la somnolence s’installent dans la journée, ou lorsque le ronflement crée des tensions dans le couple. Chez l’enfant, un ronflement durable, un sommeil agité ou une fatigue au réveil justifient aussi un avis médical, auprès du médecin traitant, du pédiatre ou d’un ORL.
Le médecin traitant est un bon premier interlocuteur. Il peut orienter vers un ORL ou vers un centre du sommeil si nécessaire. Encouragez votre partenaire à y aller sans reproche : c’est un geste de soin, pas une critique.
Et pour celui ou celle qui dort à côté ?
Le ronflement fatigue aussi l’entourage. Le sommeil du ou de la partenaire est haché, l’irritabilité et la fatigue s’installent, et certains couples finissent par faire chambre à part. L’Assurance Maladie suggère d’ailleurs au ronfleur de proposer des bouchons d’oreille à son partenaire quand le bruit perturbe son sommeil.
Précisons bien ce que font, et ne font pas, ces bouchons. Ils ne diminuent pas le ronflement et n’ont aucun effet sur ses causes : ils baissent seulement le bruit qui arrive jusqu’à vous. Notre article sur dormir à côté d’un ronfleur détaille le quotidien du couple, et notre guide pour choisir des bouchons d’oreille contre le ronflement compare les matières et l’ajustement. Pour une réponse franche à la question de leur efficacité, lisez les bouchons d’oreille sont-ils efficaces contre le ronflement ?
Le ronflement est un bruit surtout grave, que les bouchons passifs atténuent un peu moins que les sons aigus : il reste donc souvent perceptible, mais plus doux. L’OMS Europe a publié des lignes directrices sur le bruit nocturne : elles rappellent que le bruit pendant la nuit pèse sur le sommeil, ce qui justifie de s’en protéger. Nous consacrons des articles à part à la question de savoir si le ronflement peut abîmer l’audition, aux bouchons d’oreille et à l’apnée du sommeil (côté partenaire uniquement), aux alternatives aux bouchons d’oreille pour dormir et au bruit des voisins la nuit.
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