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Points clés
C’est la soie du ver à soie domestique, Bombyx mori, élevé à l’intérieur et nourri uniquement de feuilles de mûrier. Son cocon se dévide en un long filament continu, ce qui donne un tissu très lisse. Elle représente environ 90 % de la soie produite dans le monde.
Le momme (mm) est une unité de poids du tissu de soie : près de 4,3 grammes par mètre carré pour chaque momme. Plus le chiffre est élevé, plus l’étoffe est dense et lourde. Il renseigne sur le toucher et la tenue du tissu, pas sur l’obscurité d’un masque.
Les deux sont courants sur les masques de nuit. Une soie de 19 mommes est plus fine, plus légère et plus fluide. Une soie de 22 mommes est plus dense et s’use en général moins vite, mais elle pèse un peu plus sur le visage. Aucun des deux chiffres ne rend un masque plus occultant : c’est l’ajustement qui décide.
Les lettres A servent à classer le fil de soie brut selon sa régularité et ses défauts, et « 6A » est présenté comme le haut de l’échelle. Le classement porte sur le fil avant tissage. Sur un masque fini, aucun organisme indépendant ne contrôle la mention : accordez-lui peu de poids.
Le label OEKO-TEX Standard 100 signifie que l’article certifié a été testé pour la présence de substances nocives, fils et accessoires compris. Il ne dit rien sur l’origine biologique de la fibre, ni sur la qualité de la soie. Le numéro de certificat se vérifie en ligne. Le label textile biologique, lui, s’appelle GOTS.
Sur la fiche d’un masque de nuit pour les yeux en soie, les mêmes mots reviennent presque toujours : soie de mûrier, 22 mommes, grade 6A, OEKO-TEX. Ils ont l’air de garanties. En réalité, chacun décrit une chose précise, parfois utile, parfois invérifiable, et aucun ne mesure l’obscurité que le masque vous donnera.
Ce guide traduit ce vocabulaire pour l’acheteur d’un masque de sommeil. Chez Bollsen, nous fabriquons des protections auditives et un masque en soie de mûrier : nous lisons beaucoup d’étiquettes de soie, et nous préférons vous dire ce que chaque terme vaut vraiment.
Qu’est-ce que la soie de mûrier ?
La soie de mûrier vient du ver à soie domestique, Bombyx mori. Selon la Commission séricicole internationale, ce ver est entièrement domestiqué, élevé à l’intérieur et nourri seulement de feuilles de mûrier. Sa soie représente environ 90 % de la production mondiale, si bien que le mot « soie » désigne le plus souvent la soie de mûrier.
Ce qui la distingue, c’est le filament. Chaque cocon est formé d’un fil extrêmement fin et continu, d’une grande longueur, que l’on dévide d’un seul tenant : c’est le dévidage. Plusieurs filaments réunis forment le fil de soie grège. Le filament lui-même associe deux protéines : la fibroïne, qui fait la solidité du fil, et la séricine, une sorte de gomme qui l’enrobe et que l’on retire en grande partie au décreusage pour révéler la douceur et le brillant de la soie.
Les autres soies se comportent autrement. La soie tussah, ou tasar, vient de vers sauvages qui se nourrissent sur des arbres de forêt : son fil est plus irrégulier et moins brillant. La soie eri vient de cocons dont le filament n’est ni continu ni régulier, qui ne peuvent pas être dévidés et sont filés comme de la laine. Les déchets de cocons de mûrier donnent aussi de la soie filée, appelée schappe ou bourrette, aux fibres plus courtes. Pour un masque de nuit, c’est la soie de mûrier dévidée qui offre la surface la plus lisse au contact du contour des yeux.
Que veut dire momme sur un masque en soie ?
Le momme, abrégé mm, est l’unité traditionnelle de poids des étoffes de soie, héritée du commerce japonais. Dans le commerce, on le définit comme le poids, en livres, d’une pièce de soie de 45 pouces de large sur 100 yards de long. Ramené au système métrique, un momme vaut environ 4,34 grammes par mètre carré. Une soie de 22 mommes pèse donc près de 95 g/m².
Le momme remplace pour la soie le « nombre de fils » que vous connaissez pour le coton. Il dit combien de soie il y a dans l’étoffe. Il ne dit rien de la qualité du filament, de la teinture, de la couture ni de la forme du masque.
16, 19, 22 ou 25 mommes : quelles différences ?
Sur les masques de nuit, vous croiserez surtout des valeurs entre 16 et 25 mommes, et 19 ou 22 sont les plus fréquentes. Une soie plus légère est plus fluide et plus fine contre la peau, mais elle supporte moins bien les lavages répétés. Une soie plus lourde paraît plus épaisse et dure en général plus longtemps, au prix d’un poids un peu plus sensible sur le visage et d’un prix plus élevé.
Le tableau ci-dessous résume ces compromis. Les poids sont calculés à partir de la conversion de 4,34 g/m² par momme ; les autres colonnes décrivent des tendances générales, pas des mesures.
| Grammage | Poids approximatif | Toucher | Tenue dans le temps | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| 16 mommes | Environ 69 g/m² | Très fin, très léger | Plus fragile au lavage | Envie du masque le plus léger possible |
| 19 mommes | Environ 82 g/m² | Fin, fluide | Correcte avec un lavage doux | Bon compromis légèreté et prix |
| 22 mommes | Environ 95 g/m² | Plus dense, plus épais | Bonne | Usage quotidien, lavages fréquents |
| 25 mommes | Environ 109 g/m² | Épais, plus lourd sur le visage | Très bonne | Recherche d’une étoffe robuste, budget plus élevé |
Un point compte plus que tous les autres : un chiffre élevé ne rend pas un masque plus occultant. La lumière passe surtout par les bords, sur l’arête du nez et au niveau des pommettes. Un masque de 25 mommes mal ajusté laisse filer plus de lumière qu’un masque plus léger qui se pose bien. Lisez le momme comme un indice de toucher et de durabilité, jamais comme une note d’obscurité.
Que signifient les grades 6A, A, B ou C ?
Le grade concerne le fil de soie brut, avant le tissage. La Commission séricicole internationale explique que la soie grège est testée et classée avant d’être vendue, d’après sa finesse et d’autres essais, et que ces classes s’expriment par des lettres : 4A, 3A, 2A, A, B. Plus le nombre de A est élevé, plus le fil est régulier et sans défaut.
« 6A » appartient au même vocabulaire et se présente comme le sommet de l’échelle. Dans les fiches produits, on lit aussi « grade A, B ou C » pour parler de la qualité des cocons et de la longueur du filament. Le problème est simple : le classement s’applique à un lot de fil chez le producteur, pas au masque que vous tenez. Aucun organisme indépendant ne contrôle la mention « 6A » sur un produit fini, et vous ne pouvez pas la vérifier. Accordez-lui donc peu de poids, et fiez-vous plutôt à la composition et au toucher.
OEKO-TEX Standard 100 : que garantit ce label ?
Contrairement au grade, ce label se vérifie. Selon OEKO-TEX, le Standard 100 certifie des textiles testés pour la présence de substances nocives, du fil au produit fini. Chaque fil, bouton et accessoire de l’article certifié est contrôlé au regard d’une liste de plus de 1 000 substances. Les exigences sont d’autant plus strictes que le contact avec la peau est intense : le label distingue quatre classes de produits, de la classe 1 pour les bébés à la classe 4 pour les textiles de décoration. Un textile porté contre la peau relève de la classe 2.
Deux réflexes à garder. D’abord, un vrai label porte un numéro de certificat, que l’on peut saisir sur l’outil de vérification d’OEKO-TEX pour voir à quel article et à quelle entreprise il s’applique. Ensuite, le Standard 100 ne parle ni d’agriculture biologique, ni de bien-être animal, ni de qualité de la soie. Il porte sur les substances nocives, rien de plus.
Pour le biologique, le label de référence est le Global Organic Textile Standard (GOTS). Il certifie les textiles fabriqués avec des fibres biologiques, avec des exigences environnementales et sociales et une certification indépendante de toute la chaîne de transformation. Les deux labels répondent donc à des questions différentes, et l’un ne remplace pas l’autre.
Comment reconnaître de la vraie soie ?
Commencez par l’étiquette de composition. Comme le rappelle le portail officiel de l’Union européenne sur l’étiquetage des produits textiles, tout textile vendu dans l’UE doit indiquer sa composition en fibres, et les mentions « 100 % », « pur » ou « tout » sont réservées aux produits faits d’une seule fibre. « Satin », « soyeux » ou « toucher soie » décrivent un aspect ou un tissage, pas une matière : le satin est le plus souvent en polyester. Notre comparatif soie, satin ou coton détaille ces différences.
Le toucher donne ensuite un indice. La soie véritable se réchauffe vite quand on la frotte entre les doigts, et elle a un éclat doux et nacré plutôt qu’une brillance plate et vive. Le prix en donne un autre : la soie de mûrier dévidée coûte cher à produire, et un « masque en soie » vendu à prix plancher mérite un doute.
Le test de combustion tranche si vous disposez d’un fil détaché : un seul fil, tenu avec une pince au-dessus d’une coupelle ininflammable, jamais le masque lui-même. La soie se consume lentement, sent le cheveu brûlé et laisse une cendre qui s’effrite. Le polyester fond, goutte et refroidit en une petite perle dure.
Et notre masque ?
Notre Deep Sleep Mask en soie de mûrier est conçu autour de ce qui se vérifie à l’usage. C’est un masque plat en 100 % soie de mûrier, pensé pour l’obscurité totale. Il se ferme par une attache velcro réglable, qui ne tire pas les cheveux et ne perd pas son élasticité, et il se lave à 30 °C. Pour que la soie reste belle plus longtemps, notre article explique comment laver un masque en soie sans l’abîmer.
Que retenir avant d’acheter un masque en soie ?
La soie de mûrier se reconnaît à son étiquette et à son toucher. Le momme indique le poids du tissu, le grade décrit un fil brut que vous ne pourrez pas contrôler, et OEKO-TEX Standard 100 porte sur les substances nocives, pas sur le biologique. Aucun de ces termes ne mesure l’obscurité : pour cela, regardez la forme, l’ajustement et l’attache.
Pour choisir ensuite votre modèle, notre guide du masque de nuit en soie réunit les critères qui comptent, de l’ajustement à l’entretien.